Forum de discussion Narcotiques Anonymes

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#1 30 03 2016 16:11:12

naïs
Membre

Grandir avec le vide et le sentiment de non-valeur.

Le titre du sujet illustre ma vie d'adulte car souvent je sens un grand vide en moi. Je ne consomme plus pour le remplir et c'est pas toujours facile de l'accepter.
Aujourd'hui, j'aurai voulu que l'on comble tous mes besoins comme une petite fille qui demanderait à ses parents toute l'attention. Du reste, je pense que c'est la faute d'un cruel manque d'amour, de sécurité et d'investissement de la part de ceux-ci qui fait que devenue adulte, et bien, je suis une dépendante aux produits quels qu'ils soient.
Donc, la spiritualité ne me comble pas parfaitement car j'attends plus de preuves matérielles et sur terre, ya la bouffe, et je vais pas vous faire toute la liste à des substituts...
Suis plutôt du genre -contrôle et perfection-...Alors, il me reste en priorité le sport car c'est l'occupation qui me fera, je suppose, le moins de conséquences directes, et qui me redonnera de l'estime pour moi grâce aux endomorphines qu'ils procurent.
Tout le problème est que je manque d'estime pour moi et d'amour, alors je le recherche chez les autres, mais ça marche pas et je le sais.
C'est tellement difficile pour moi, d'être aimable et gentille avec moi-même. Je crois qu'il y a une part de moi qui aime souffrir et je sais que c'est une punition inconsciente que je m'inflige car comme mes parents ne m'ont pas aimé, c'est parce que je le mérite pas (au présent). Toujours d'actualité...
Mais pour s'aimer ou s'apprécier, il faut sentir que l'on a une valeur, et je ne sais pas quelle est ma valeur, je parle de moi comme si j'étais une marchandise.
C'est peut-être "ça" le problème, je dois penser que je suis plus un objet encombrant qu'un être humain.
J'aimerai pouvoir me pardonner ces mauvais traitements que je m'inflige, faudrait certainement commencer par me pardonner car mes parents ne sont plus là, et il ne reste que moi, moi qui me sabote encore et encore. Il est plus facile pour moi d'aimer les autres que moi-même, et je suis ma propre ennemie, je me fait la guerre.
J'espère un jour est en paix avec la petite fille et la femme que je suis, réconcilié les deux.
Pour le moment, c'est pas gagné mais de l'écrire me fait déjà comprendre qu'effectivement faudrait que j'apprenne ce qu'est la gentillesse, la tendresse.
Enfin, ce qui me rendrait la vie plus facile et douce.
Big Hugs à tous

Hors ligne

#2 01 04 2016 14:35:57

tiger
---

Re : Grandir avec le vide et le sentiment de non-valeur.

Merci pour ton partage, naïs.
Il y a des jours je peux me sentir comme toi, mais c'est devenu rare, de plus en plus rare...J'ai appris avec le clean et le temps (et les étapes) à retrouver les "petits" plaisir de la vie qui font que plus jamais je ne m'ennuie ou je suis triste.
Le service dans NA m'aide beaucoup, n'importe lequel, cela m'a donné de la confiance en moi!

Hugs à toi

#3 01 04 2016 17:41:51

naïs
Membre

Re : Grandir avec le vide et le sentiment de non-valeur.

Merci tiger.
La confiance en moi, vais certainement la trouver, celle-ci a été cruellement détruite par l'inceste que j'ai vécu enfant. Je dépendante en rétablissement, ce qui veut dire clean mais je souffre de symptômes post-traumatiques qui sont de natures psychiques et physiques au quotidien, le jour et plus particulièrement la nuit. La vie n'est pas dans ces conditions très facile cependant je pense que je sais profiter quand même de celle-ci, et j'arrive à m'engager dans le service N.A. La tristesse, la colère et surtout la dépression me guette.
Et je dirais que j'aimerai tant de temps en temps pouvoir me laisser aller, mais je remarque que je n'en n'ai pas la possibilité car de suite, je tombe très bas.
Etre triste me paraît normal et pourtant je dois vite me ressaisir sous peine de toucher rapidement les tréfonds des abîmes, en fait j'ai très peur de la dépression car je continue à  me battre contre cette maladie.
Elle n'est plus aussi violente mais sous-jacente, et je la sens prête à se montrer à nouveau. Vais commencer des séances EMDR, on verra...(traitement des traumas par mouvements oculaires).
Je sais que chez N.A. il est déconseillé "de se lamenter sur son sort ". Mais franchement, si j'avais pu choisir d'autres géniteurs, je n'aurai pas hésiter.
J'ai beaucoup de courage de supporter au quotidien depuis avril 2009 le retour des souvenirs (amnésie traumatique pendant plus de 40 ans), et d'affronter cette horreur en restant clean.
Et de m'épancher sur ce cite me fait du bien, j'attends pas de solutions immédiates parce qu'ils n'y en a pas. Je ne sais pas mais j'espère qu'un jour, je serais libérée de ce passé, ce qui n'est pas le cas pour le moment et je prie ma P.S. de m'aider à avoir de la force un jour à la fois. Que c'est bon de craquer, un peu de larmes pour un si grand malheur, et puis après je me dit que j'ai quand même de la chance car sans N.A. et les amis que j'y ai rencontré, je ne saurais même pas ce qu'est un lien d'amour, ce que veut dire le respect, ce qui de l'ordre de l'admissible ou pas.
J'aurai trop peur d'aimer et malgré le mal que m'ont fait mes parents, je suis à ce que mes amis disent, gentille, aimable, et capable de donner.
Et surtout, j'ai pas reproduit le schéma familiale pervers.
Alors ceci est déjà un miracle.
Hug

Hors ligne

#4 02 04 2016 03:46:42

Peter
Membre

Re : Grandir avec le vide et le sentiment de non-valeur.

Merci Naïs pour ton partage.

J'etais abusé par mon pére adoptiv pour pas mal de mes difficultées je pourrais faire un copier coller dans ton partage.
Pour moi les consequences de l'abus et celles de ma dependance se chevauchent beaucoup mais ne sont pas identiques non plus.
Le programme NA est la base de mon retablissement mais tous qui aide est bon et j'ai des besoin aussi en dehors de NA.
Pour une hepatite vaut mieux avoir un tubib - en plus du clean. 

Bien fraternellement Peter

Hors ligne

#5 02 04 2016 11:58:22

naïs
Membre

Re : Grandir avec le vide et le sentiment de non-valeur.

Merci Peter,
Je compatie pleinement pour ce malheur qui t'as frappé enfant. Que de mal et de souffrances, mais que d'espoir aussi que je perçois chez toi.
J'ai compris hier seulement mais il vaut mieux tard que jamais, et ça c'est grâce à ce site et aux mots que j'y ai écrit dans mon premier post.
Que si je me détestais autant ce qui m'amenait évidement à la dépréciation complète de ma personne, et le fait que je soies si dur et méchante avec moi-même.
Et bien, c'est que l0rsqu'on est petit enfant, pour se construire vis-à-vis de soi, et bien on doit se nourrir du regard au moins d'un de ses parents, et donc j'ai compris que je me voyais avec les yeux de ma mère, avec son rejet et sa propre méchanceté. C'était comme un filtre dont je me suis débarrassée, j'ai pleuré, et puis je me suis adressée à elle, malgré qu'elle soie décédée.
J'ai parlé de mon ressenti, de ma douleur, et je l'ai mise devant ses responsabilités.
Ca m'a fait du bien, beaucoup de bien, et ça été une libération, j'ai pu me voir autrement, avec beaucoup d'amour et de compassion. Enfin, il était temps.
Je trouve que le chemin est long, car de 2009 à 2014, après un burn-out professionnel du à des méthodes de management toxiques (j'étais clean). Les souvenirs me sont revenus mais uniquement physiques et je n'avais aucune images mentales avec lesquelles j'aurai pu comprendre ce qui m'arrivait. Donc, je me suis retrouvé en crise quasi permanente, souvent en HP.
J'ai du prendre des neuroleptiques (j'ai refusé d'autres substances)  tous avec des effets secondaires redoutables, et qui n'étaient pas efficace à me soulager puisqu'ils me rendaient malades physiquement.
Diagnostiquée Bi-polaire, trouble de  la personnalité, etc, etc,
Ensuite, il y a 19 mois de cela, après le décès de ma mère, les souvenirs avec les images et les phrases qui ont été dites par mes parents, ainsi que tous les ressentis physiques de l'abus me sont revenus en presque une nuit, le matin et les quelques jours suivants. En état de choc, j'ai été hospitalisée deux semaines.
Depuis, je sais que je ne suis pas folle, et que c'est mes parents qui m'ont mise dans cet état.
Ma mère était une dépendance aux drogues dures, j'ai consommé avec elle très jeune, et les psy ainsi que moi pensions que mes problèmes étaient liées à ma mère, et surtout à ces chantages aux suicides.
En fait, non, c'était plus grave, et jamais je n'ai parlé de mon père, il n'existait tout simplement pas.
C'est assez incroyable de porter une histoire pareille sans le savoir, il m'est arrivé de regarder des films qui traitait un personnage amnésique, et je trouvais ces cas très particulier et je pensais qu'il s'agissait d'exception, ce qui en faisait des sujets fascinants.
Et bien, j'en faisais partie...
Heureuse, d'être de retour dans la réalité, j'ai bien failli y rester, ou finir mes jours en HP.
J'ai tenu bon grâce à la foi, Dieu ou une PS comme on voudra nommer l'énergie puissante en œuvre et moi-même pour l'avoir pratiqué, et bien je m'en sors pas trop mal, et ça continue...
Merci à tous
Big HUgs

Hors ligne

#6 03 04 2016 23:11:04

naturalmistic
Membre

Re : Grandir avec le vide et le sentiment de non-valeur.

Ce que veut dire Peter c'est que NA et son programme ne peut pas tout résoudre, meme si on est d'accord qu'il restaure et met en lumiere beaucoup de choses.
On peut associer au programme, d'autres spécialistes en rapports à nos patrologies.
Exemple; -Si un dépendant a un probleme hormonal, qu'il ne compte pas sur le programme pour le guérir car il n'y pourra rien, par contre un endocrinologue pourra le soigner. Mais là encore, ces spécialistes ne se valent pas tous donc parfois il faut en essayer plusieurs avant de trouver le "bon".

Concernant la maltraitance et ses dégâts psychologiques sur l'adulte, le programme NA peut effectivement amorcer un certain soulagement, une sorte de "dépoussiérage" mais les dégâts occasionnés par cette maltraitance peuvent être irréversibles et incurables, car ils résultent de perturbations survenues sur la période du développement neurobiologique de l’enfant.
Consulter un professionnel, un spécialiste formé à ces cas précis est tres pertinent.
Mais là aussi il n'est pas facile de consulter un "bon" specialiste. Parfois c'est un véritable parcoure du combattant

J'avais consulté il y a une dizaine d'année un psy dont j'avais relevé les coordonné dans les pages jaune. Le genre de psy qui t'écoute parler en griffonnant une page blanche et qui au bout de qlqs seances te sort cette putin de phrase:
-" Tenez je vous prescrit ces pilules, ca vous fera du bien!"
Comme ci des pilules avais le pouvoir de guérir d'une enfance maltraité!! MDR


Perso j'ai été convaincu que de travailler les étapes allaient me " guérir" de tout, un peu comme LA solution ultime à tous les maux, j'en ai été persuadé par l’incroyable bénéfice que procure le travail des étapes. Effectivement elles ont restaurée beaucoup de mes déficience mais il m'en restait chroniquement accrochée comme une seconde peau.
Je n'ai consulté aucun psy durant mon premier clean (8 ans) du fait aussi de la piètre expérience passé.

Dans ma rechute j'ai eu la chance de rencontrer une psychologue du CHU spécialisé dans la maltraitance. Elle ne m'a jamais proposé de pilule, elle ne griffonne pas lorsque je parle et d'ailleurs nous échangeons et m’amène à identifier, extraire et éliminer les engrammes de l’inconscient qui proviennent des maltraitances subits lors de l’enfance.

Dans NA nous avons un pamphlet sur la - non acceptation de soi- tres interessant, d'ailleurs ce rejet de soi est la consequence  majeur des adultes ayant été maltraité lors de l'enfance. Ce phénomène est bien documenté et connu des bons psychologues, il existe des techniques qui permettent de limiter les conséquences des dégâts dans notre inconscient.

Pour info je ne paye pas ma psy et je la consulte au CHU, et ça sa change beaucoup de choses ;-)

Bonne 24, nais, Piter et tiger


Mille fois est jamais suffisant

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#7 04 04 2016 22:44:39

naïs
Membre

Re : Grandir avec le vide et le sentiment de non-valeur.

Merci pour ces partages très lumineux, que nous puissions briser le silence par des mots et sortir de la honte, enfin...
Après, il me paraît de bon sens de faire appel à des professionnels de la santé, pour ma part, j'ai eu l'impression d'avancer dans un désert. Les réponses à mes souffrances, je les ai surtout trouvé par moi-même, alors que peut-être une croyance en une P.S. m'a permit de comprendre beaucoup de mes problèmes. Tout est cependant compliqué.
Je dois dire qu'après toutes ces expériences auprès de psy en tous genres, je n'y crois plus beaucoup. Mais, faut bien continuer à avancer, c'est le seul chemin qui me semble praticable pour moi, alors je vais car j'en ai de toute façon besoin aller voir une autre spécialiste des traumas de l'enfance.
Dans le passé, je les ais laissés tenir des propos aberrants par rapport "à l'ouverture d'esprit" que j'étais supposé avoir en tant que membre de N.A.
Maintenant, je me permet de les recadrer si j'estime nécessaire.-Freud, le bon ou le mauvais sein- -Le saut à l'élastique qui m'aurait des années après rendue dingue- l'analogie entre ma vie et celle de Jésus-Christ-
C'est juste un petit aperçu de lorsqu'ils ne savent pas quoi dire...
C'est pénible de constater qu'on a affaire encore à des thérapeutes qui ne peuvent rien vous apporter, j'ai eu vraiment envie de baisser les bras, et de ne plus encore devoir chercher ailleurs.
Bon, j'espère que cette nouvelle thérapeute va pouvoir m'aider, j'espère mieux que les précédents, c'est tout ce que je me souhaite.
Heureusement, que je n'attends plus autant d'eux que lorsque j'étais au fond du bas.
Big hugs et bonne 24 heures

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