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#1 20 06 2015 12:38:40

florent
Membre

La langue de Bois.

https://youtu.be/oNJo-E4MEk8

Existe t-il une liste propre à N.A ? J'ai souvent entendu parler de langue de bois dans les partages en réunion.

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#2 31 07 2016 16:58:28

Nathalie (Java Jordan)
Membre

Re : La langue de Bois.

ce n 'est pas de la langue de bois, c 'est un vocabulaire que nous utilisons pour être compris de tous. Parce que ce vocabulaire vient d'un guide du rétablissement, et donc si nous l utilisons, c 'est que nous suivons ce guide, tout simplement parce qu il nous amène au but recherché: la liberté du clean, et la liberté dans tous les domaines.
C'est facile de rentrer dans NA mais très difficile d'y rester, faut un peu de bonne volonté ,de l ouverture d esprit, et ce n est pas des choses innées chez celui qui consomme, même s'il croit pourtant être souvent ouvert d esprit et libre alors qu'il crève dans sa prison de substances.

Les informaticiens utilisent un même langage, pour travailler, NA n'est ni une secte, ni un club de rencontre, c 'est un endroit où on travaille sur soi, librement, sans avoir à faire de promesses à qui que ce soit ni d 'engagement à prendre,  mais NA nous promet de nous libérer de la dépendance active.

ça vaut donc la peine d'écouter ce langage , même si on n'y comprend rien au début .

Si c est cela que tu appelles la langue de bois. Très amicalement, Nathalie

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#3 01 08 2016 09:46:45

tiger
---

Re : La langue de Bois.

Bien dit, Nathalie.

#4 25 08 2016 11:54:21

florent
Membre

Re : La langue de Bois.

tiger a écrit :

Bien dit, Nathalie.

Ah oui !

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#5 26 08 2016 07:16:07

Balthazar
Membre

Re : La langue de Bois.

Oui, si ça marche pour tout le monde, au sens premier, par delà les cultures, au travers des âges et pour tout produit ou attitude compulsive, nous le devons beaucoup, à NA, à ce jeu relativement restreint d'outils, et qu'un vocabulaire tout aussi simple traduit. La difficulté point effectivement quand il s'agit de transformer les paroles en actions, et d'embrayer sur une croissance cumulative auto-entretenue.
Car, en somme, ce "programme" n'est pas loin d'une science-sociale, dans le sens où, quelques concepts permettent rapidement au novice une démultiplication de ses résultats pour un même effort qui ne rapportait pourtant rien avant qu'il n'use de méthode.
Mais, canaliser les énergies pour atteindre ce but de progresser vers l'abstinence, cela requiert au préalable d'avoir le désir d'arrêter de consommer, une ouverture d'esprit suffisante pour se lancer dans cette aventure nouvelle où les repères manquent, et une certaine honnêteté est finalement reconnue indispensable pour embrayer.
Pour aller vite, on dit qu'avec l'honnêteté, l'ouverture d'esprit et la bonne volonté (réunies) nous sommes sur la bonne voie.
Sur le chemin donc, pour attaquer avec la première partie de la première étape : "Nous avons admis que nous étions impuissant et que nous avions perdu la maîtrise de notre vie..."
En réalité, les notions qui sous-tendent ces concepts sont beaucoup plus subtiles qu'on ne le dit souvent, et comme l'acquisition des connaissances académiques, leur apprentissage est long, et porte à confusion chez le néophyte qui perçoit d'abord naïvement un contresens...
Par exemple, la volonté, qui se rattache étymologiquement à l'anglais "will", et qui a donné le modal : would (je crois savoir) ou "velléité" en français, paraît antinomique avec la vocation d'arrêter de consommer. De prime abord, le laisser-faire s'assimile à la chienlit des drogues, et la reprise en main de nos existence devrait en passer par un certain contrôle, et pourtant, c'est en s'abandonnant à une Puissance Supérieure à nous même que nous parvenons à réaliser notre envie de nous libérer de l'esclavage qu'est la dépendance.
D'ailleurs, le "lâcher prise" (qui n'est pas réservé aux Réunions en 12 étapes) est aussi lié au mot "laisse", nonobstant, il faut une sorte de confiance, de prise de risque calculée en univers aléatoire pour oser tenter le coup. Donc, c'est une véritable activité que de s'abstenir d'essayer de maîtriser ce qu'on ne parvient pas à dominer, pour s'en remettre à l'inconnu, et dépasser la peur pour lui substituer la découverte et la surprise, qui pour moi ont été heureuses et demeure agréable malgré le travail que cela représente.
L'on aurait pu évoquer d'autres points sensibles : "l'égoïsme" prend une acception toute particulière à NA (et qui me semble d'un niveau plus élevé qu'en politique!) dans le sens où l'on suggère de rompre avec les solidarités qui caractérisent non seulement les toxicos, mais que l'on trouve à l'identique chez les marginaux (prisonniers, SDF, HP, etc.) et qui finalement ne permettent que la survie en milieu hostile, et pas de se dépêtrer de ses bourbiers. Il est donc urgent pour le béotien de 'trahir' en quelque sorte son 'code d'honneur' pour adopter d'autres valeurs, et qui sonnent étrangement à son oreille effarouchée et pétrie d'idées toutes faites et faussement assurées.
On peut faire un parallèle avec une parabole christique en l'occurrence, mais on aurait pu pêcher la métaphore au sein d'un autre corpus religionnaire ou philosophique : "charité bien ordonnée commence par soi-même". Et j'ajoute que même pour les 'copains d'avant' le rétablissement, il est mieux de ne pas chercher à les secourir, autrement qu'en le recommandant nos réunions, car nous sommes les moins bien placés pour aider les proches, qu'ils soient parents ou amis, pour des raisons analogues à celles qui retiennent (sauf exceptions, et non des moindres) les psychologues de s'autoanalyser ou de se charger des sujets qu'ils fréquentent d'ordinaire.
"Unis dans la diversité", "pluribus unum" sont des devises étatiques qui collent encore tout à fait à notre fraternité, et nous faisons feu de tout bois, car la démarche offre une place de choix au pragmatisme, aux expériences, et en appelle à la créativité de chacun, non seulement pour paramétrer les outils qui lui chantent, mais aussi pour participer à l'actualisation et aux commentaires (autorisés ou non) des écritures sur lesquelles nous nous appuyons. En effet, notre "littérature" émane en grande partie, si ce n'est intégralement "d'ateliers" qui collectent les vécus qui s'expriment et, par sélection naturelle et démocratique, les contributions qui plaisent d'avantages se distinguent des plus communes et aboutissent dans des ouvrages diffusés aussi largement que modiquement, et méthodiquement.
"L'identification" est un autre lieu commun dans nos salles qui nous conduit à l'empathie, celle qui permet de se reconnaître en l'autre en même temps que de prendre du recul sur soi. "Ce qui nous rassemble importe plus que ce qui nous différencie". Facile à dire! Cela n'est pas propre à NA ni à AA, les écrivains ont depuis longtemps employés les mêmes ressorts, et jusqu'aux existentialistes, voire à Holly ou Bollywood.
Il y a donc autant de manière de pratiquer ce véritable trésor empirique que de membres en état de le faire vivre et de le transmettre. Cette finalité a, si l'on veut, un caractère un peu biologique, comme pour se reproduire, l'on peut éprouver dans le clean le besoin de rendre ce qu'on a reçu, de tutorer quelqu'un pour se réaliser à travers sa réussite, pour qu'il parte d'un peu plus haut que là d'où l'on a émergé, qu'il aille plus loin ou s'évite quelques unes de nos peines.
L'un des pivots de notre succès, c'est cette dévotion gratuite, parce que les personnes que nous accueillons sont en attente d'autre chose que des rapports professionnels et institutionnels qu'ils ont pu entretenir à l'occasion de leurs mésaventures sociaux sanitaires ou légales.
Et la sincérité est à ce prix! Ce qu'avait bien explicité DERRIDA par le biais du "don impossible" (de mémoire).
Cela dit, nous collaborons toujours avec les structures étatiques dans les pays laïques où nous sommes présents, ainsi que dans les autres, et même dans ceux qui croient l'être et ne le sont pas, car il n'entre pas dans nos attributions de nous mêler des affaires intérieures, politiques ou cultuelles que nous nous contentons de respecter sans ni cautionner ni critiquer ou juger.
Notre objet social n'est que le "dépendant qui souffre encore" dans l'ignorance de ce qu'existe une solution pour lui. Ce n'est pas donc point par prosélytisme que nous répandons ce qui peut avoir l'air d'une 'bonne parole' du dehors, et qui recouvre, de facto, le contraire, à savoir : une information, dénuée des artifices attractifs qui constituent la promotion au sens publicitaire.
En effet, nous n'avons cure d'accroître, ce qui n'est pas une 'influence' puisque, par 'individualisme' si l'on veut, après quelques temps d'abstinence, l'on se soucie surtout de son propre devenir, et il faut en général plus s'obliger à servir que se retenir, car ce n'est pas si évident pour tous de relever combien il est enrichissant pour la qualité de la vie sans produit : de partager ce que l'on reçu.
Mais, pour lever cette autre contradiction qu'à déjà détecté le lecteur assidu : "les résultats ne nous appartiennent pas", leur mérite ou insuccès reviennent à celui qui fait sienne ces paroles.
Ainsi, je me fait du bien en disant ce que je sais, mais qu'autrui y arrive ou pas, pour en terminer sur une note humoristique, "cela m'en touche une, sans faire bouger l'autre".
Sincèrement, je ne me fait pas de mauvais sang pour d'autres membres ou ex ou futurs.
Je donne le meilleur de moi-même, et après, histoire de hausser un peu le niveau : "que ceux qui ont des oreilles entendent", car, si, "ayant reçu la lumière, ils préfèrent les ténèbres" cela ne me regarde plus.
Très humblement, je parlais évidemment des merveilles de cette "association d'hommes et de femmes" (et d'autres genres tels qu'ils se définissent ou pas.)

<<<big hug>>>

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#6 27 08 2016 14:40:55

tiger
---

Re : La langue de Bois.

Tu fais une thèse sur NA , Balthazar ?

j'ai rien compris...LoL

Hug

#7 29 08 2016 15:48:20

Nathalie (Java Jordan)
Membre

Re : La langue de Bois.

moi je n ai même pas lu jusqu'au bout, pardon Balthazar . smile

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#8 24 05 2017 11:02:52

jacquesrasquez
Nouveau membre

Re : La langue de Bois.

Je donne ma langue au chat


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