Forum de discussion Narcotiques Anonymes

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#1 28 10 2017 21:41:36

Little Moon 295
Nouveau membre

Besoin de partager

Je ne savais pas où écrire, que faire, qui appeler (ma marraine m'a déjà pas mal aidée ce soir).

Je suis en colère, dégoûtée de ce monde, en colère envers ceux qui se disaient mes amis, triste, et j'ai peur.

Cela fait déjà plus de 5 mois que je suis abstinente. Que j'ai réussi à arrêter dans la ville où j'ai commencé. La fuite, je connais: partir ailleurs en croyant que le problème vient des autres pour rechuter lamentablement après deux ans.

Les cures, ça n'a pas marché pour moi. Dès que j'avais un week-end, je rechutais, si je n'avais signé ma décharge avant pour aller consommer.

Mais NA, une marraine qui croit en moi, un programme qui marche vraiment quand je me suis réveillée un matin en me disant ceci: "j'ai deux choix devant moi: soit je continue de me droguer et c'est la mort, soit je fais quelque chose pour arrêter".

J'ai opté pour le second choix. Dans la ville où j'habite, il y a seulement une réunion par semaine (c'est déjà bien) et donc, j'ai complété par des réunions aux AA, c'est le même programme et ça marche.

Cependant, j'habite au centre. Je sais que je pourrai consommer quand je veux, vu que dans le centre ville on trouve tout ce que l'on veut mais non, c'est simplement un choix. Et puis, la dernière rechute m'a secoué et franchement, je ne veux plus finir de nouveau à la rue, connaître l'enfer etc...

Plus de 5 mois d'abstinence et moi qui n'arrivais pas à rester un jour clean en dehors d'un hôpital ou d'un centre de cure, c'est vraiment super. Tellement heureuse de renouer avec tout ce que j'aime, mais apprendre à supporter le reste.

Sauf que, dans ma ville, les consommateurs et les dealers me connaissent. Et, tous les jours (quasi), je suis relancée. On m'invite, les dealers me proposent leurs poisons etc... Pas facile mais j'arrive à contourner. Je sais dire "non" et j'ai bien compris qu'ajouter que je ne consomme plus est même dangereux: les consommateurs essaient de me gratter de l'argent, les dealers sont prêts à me faire un cadeau...

Me dire non, dire non à tout ça et ne pas être comprise, entendue sauf de la part des autres membres de la fraternité. Tout le monde (à part les membres NA que je vois à ma réunion hebdomadaire) imagine que j'ai arrêté d'un claquement de doigts, super facilement parce que pour eux c'est facile d'arrêter de consommer: il suffit de se dire une fois "j'arrête" et ça y est, c'est fait !

Mais si j'écris tout ça, c'est parce que ce soir, ça a été de trop ce combat que mon entourage ne reconnaît même pas.

En fait, je rentrais chez moi et une voisine (avec qui je ne parle jamais) sortait avec son copain puis y avait un gars qui était avec eux mais dès qu'il m'a vu, il m'a reconnu. C'est un consommateur, il avait de la drogue, MON produit de choix précisément et je lui ai quand même dit "j'ai arrêté de consommer" mais il m'a demandé d'ouvrir la porte et, au passage, m'a informé que cette fameuse voisine consomme (MON produit de choix et peut-être d'autres mais j'ai pas voulu en savoir plus).

Les clés étaient dans ma main et je ne savais que faire. Il est rentré et dans le couloir du rez-de-chaussée de l'immeuble où j'habite, il m'a proposé de consommer tout de suite. J'étais à moins de 50 cm de la drogue, je pouvais consommer direct... j'ai dit non mais j'allais péter un câble.

Je suis sortie et je lui ai dit que j'allais faire un tour, franchement, sur le coup, je savais pas quoi faire, quoi dire à part: FOUTRE LE CAMP DE CHEZ MOI !!!!

J'étais paniquée parce que je passe mes journées à appliquer le programme, à dire un milliard de fois "NON" et là, y a un connard qui me propose de consommer, de monter chez moi pour continuer à consommer cette merde, cette crasse, ce poison.

Bordel de merde !!!! Cela me fait chier !

Et derrière, je vais chez une amie qui habite à cinq minutes: elle répond pas, ni au tél, ni au parlophone. Dieu merci que ma marraine a répondu, qu'on s'est vu pour boire un café.

Elle, au moins, elle me soutient parce que personne (famille, amis) ne me soutient. Même cette amie que j'ai eu après au tél n'a pas tilté que j'ai réussi à dire à de la drogue qui a frappé à ma porte !

Ben oui, c'est si facile de rester abstinent ! Un vrai jeu d'enfant !!! Et encore plus quand on vous offre gratuitement la drogue que vous avez consommé pendant 12 ans !!

Hors ligne

#2 30 10 2017 15:02:00

Tess
Membre

Re : Besoin de partager

Little Moon,

MERCI de dire OUI à TA vie
ne prends pas la peine de répondre aux fantômes assassins qui errent par-ci par-là
c'est toi le capitaine de ton bâteau,
trace!
même par temps de tempête
avec ta marraine en radio-live


your history doesn't determine your destiny

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#3 31 10 2017 05:46:33

sassandra2
Membre

Re : Besoin de partager

Bonjour littel moon

Tu as raison de venir sur ce forum
L'écriture est un outil et pas des moindres ....Il permet de formaliser noir sur blanc , les ressentis, les émotions
et tout ce qui va avec, c'est un bon exhutoire et perso je m'en sers presque quotidiennement.
Ecrire sa colère , c'est lui donner moins de charge émotive
Quand ce sentiment est là sans possibilité de s'exprimer il devient obsessionnel
et ça tourne vite à la rumination mentale ....
Un forum c'est aussi fait pour ça.

Non ce n'est pas facile d'arrêter - quand on est passé par là on le sait mais un non dépendant ne peut pas comprendree
l'emprise des produits sur un cerveaux intoxiqué : c'est comme ça..

Tu es réellement extrêmement en danger dans le contexte que tu décris
La première étape fait allusion à ça : admettre notre impuissance totale et définitive devant le produit
implique également d'essayer de zapper et éviter toute forme de contact avec les endroits et les gens
qui proposent et consomme "la drogue de choix" - curieuse expression....

Perso  , je suis abstinente depuis 22 ans
surtout suite à une post cure ou j'ai demandé dans les démarches sociales
intégrées au programme de la structure qui me suivait
à changer de lieu, de région et par la suite ça s'est avéré la meilleure solution :
je n'aurai perso , pas pu "résister" dans mon ancien contexte.
Peut être qu'une structure adaptée dans ton coin
pourrait te soutenir et t'aider (juste une suggestion)

Je ne peux pas te proposer mon no de téléphone : je suis atteinte de bipolarité
et j'évite tout ce qui pourrait créer des émotions trop fortes qui déclencherait des rechutes dans cette maladie.
mais je suis dispo sur ce forum - si tu décides d'y écrire régulièrement je ferai en sorte
de pouvoir y être le plus présente pour toi si cela s'avère nécessaire...

Je te remercie de ton témoignage : il n'y en a pas beaucoup  et c'est dommage

Va bien et bonnes 24 heure

Dernière modification par sassandra2 (31 10 2017 05:48:50)


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